Auteur de bandes dessinées, Marjane Satrapi avait fait sensation avec "Persepolis", l'adaptation sur grand écran de son album autobiographique. D'origine iranienne, la jeune femme avait réussi à travers son histoire à montrer une autre image de son pays natal, celle d'un État ouvert où le peuple n'est pas bridé par la religion et où les femmes se sentent libres. Un peu comme un manuel scolaire, en se prenant moins au sérieux," Persepolis" a permis au public de comprendre comment l'Iran était devenu une dictature islamiste au grand dam de sa population.
Un film sérieux mais drôle
Toujours entre le mélodrame et la comédie, "Le poulet aux prunes", premier film de Marjane Satrapi, évoque encore une fois l'Iran et ses répressions. Cette fois-ci, l'artiste ne parle pas d'elle mais s'inspire de son oncle qui fut emprisonné par le Shah. Le long métrage traite de ce rêve de démocratie dans les années 50 mais aussi de la crise existentielle d'un homme antipathique qui décide de mourir. En traitant ces thèmes graves avec beaucoup d'ironie, l'écrivaine réussit à faire passer une pilule que l'on ne souhaite pas forcement avaler. Autrement dit, Marjane Satrapi éduque son public à coup d'éclats de rire.