Une première dans l’histoire du prix Nobel, il a été attribué à trois femmes. Les lauréates s’appellent Ellen Johnson Sirleaf, Leymah Gbowee et Tawakkul Karman, toutes trois ont été récompensées "pour leur lutte non-violente pour la sécurité des femmes".
Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Liberia. - Philippe Gresle / PIX / VISUAL Press Agency
Ellen Johnsson Sirleaf, la présidente du Libéria
Ellen Johnson Sirleaf est la première femme élue à la tête d'un Etat africain. Surnommée la « Dame de fer », elle a, selon le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland « contribué à assurer la paix dans son pays, à promouvoir son développement économique et social, et à renforcer la places des femmes ». Alors qu'elle brique un deuxième mandat, Ellen Johnson Sirleaf peut se vanter d'avoir instauré à nouveau la paix après quatorze années de guerres civiles.
Leymah Gbowee, « la guerrière de la paix »
Libérienne elle aussi, Leymah Gbowee est une militante pacifiste qui a contribué à mettre fin aux guerres civiles au Libéria. Elle raconte son combat dans ses mémoires « Mighty Be Our Powers : How Sisterhood, Prayer, and Sex Changed a Nation at War » (Que nos pouvoirs soient puissants : comment la communauté de femmes, la prière et le sexe ont changé une nation en guerre). On y apprend comment elle a lancé une grève du sexe pour que l'ancien président Charles Taylor s'associe aux pourparlers de paix. Pour elle, cette lutte« n'est pas une histoire de guerre traditionnelle. Il s'agit d'une armée de femmes vêtues de blanc, qui se sont levées lorsque personne ne le voulait, sans peur, parce que les pires choses imaginables étaient déjà arrivées ».
Tawakkul Karman, la journaliste yéménite
Tawakkul Karman est l'une des figures emblématiques du soulèvement populaire au Yémen. Elle a notamment dressé une tente sur la place du Changement, épicentre de la contestation à Sanaa. Elle est également à l'origine des SMS envoyés aux étudiants yéménites pour qu'ils manifestent leur solidarité avec les soulèvements en Tunisie et en Egypte, et a pris la tête de ces marches réprimées. Journaliste de formation, elle oeuvre pour la liberté d'expression et le droit des femmes dans un pays où très peu d'entre elles ont accès à la vie politique.