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Journée nationale du réserviste : le témoignage de Marie, engagée
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En treillis 30 jours par an, ce professeur d’histoire géographie de 28 ans nous raconte comment elle vit son engagement militaire.
Marie en uniforme. - © Géraldine Le Guyader/Kel Epok EpikAujourd'hui, 8 mai, c'est la date anniversaire de la victoire de 1945, et c'est également la journée nationale du réserviste 2009.
On connaît mal leur mission, mais les réservistes jouent un rôle important dans la Défense d'aujourd'hui.
Ils peuvent participer aux missions intérieures (Vigipirate, aide aux populations sinistrées… ) comme aux opérations extérieures.
Alliant des périodes au sein des forces armées et leur vie civile, ils sont un lien entre la société et la Défense.
De plus en plus de femmes s'engagent de cette manière dans l'armée.
Marie en fait partie et nous éclaire sur ce "métier en plus"...

Marie le professeur d'histoire géographie. - © Géraldine Le Guyader/Kel Epok Epik
Depuis combien de temps êtes vous réserviste et quel est votre rôle ?
Je suis réserviste des forces armées depuis avril 2006.En plus de mon métier de professeur d'histoire géographie, je suis maréchal des logis dans l'arme du train.
C'est un bataillon de l'armée de terre qui a pour mission de faciliter la circulation des convois ou des véhicules militaires.
Êtes-vous militaire et avez-vous les mêmes devoirs qu'un militaire d'active ?
Quand on porte le treillis, on est un militaire, rien ne nous différencie d'un militaire d'active.On est formé, on a des week-ends d'instruction régulièrement. Ce qui nous permet d'être opérationnel dans notre spécialité, comme les autres militaires.
C'est véritablement un deuxième métier, qui nécessite une formation complète si l'on veut pouvoir l'exécuter le mieux possible.
Qu'est-ce qui a motivé votre engagement dans la réserve militaire ? (Peut être y a t-il des militaires dans votre famille ?)
J'étais déjà professeur lorsqu'une de mes collègues est entrée dans la réserve de l'armée de l'air. Elle en parlait avec beaucoup d'intérêt.J'ai aussi rencontré un réserviste de gendarmerie. Ils étaient passionnés et je me suis dit" pourquoi pas!".
Je me suis rendue à une journée d'information du 526ème bataillon du train. Ça m'a semblé intéressant donc j'ai suivi la formation et je me suis engagée dans la réserve.
Aviez-vous avant tout une forte volonté de servir votre pays ?
Plutôt la volonté d'être citoyenne. C'est un investissement citoyen.Combien de temps consacrez-vous à cette activité ? Pouvez-vous être appelée à tout moment pour une mission ?
J'y consacre une trentaine de jours par an.Au sein de l'escadron de circulation nos missions sont multiples.
Grâce à un système de planning sur internet, nous nous inscrivons dans celles qui nous cocnernent, en fonction de nos disponibilités professionnelles ou personnelles.
Mais il peut y avoir des exceptions, par exemple à la mort du dernier poilu. C'était un évènement imprévu qui a nécessité une mission mise en place très rapidement. Le commandant de notre unité l'a préparée durant le week-end et il a dû appeler des réservistes en dernière minute.
Mon métier d'enseignante ne me permet pas de me libérer sur commande, donc je n'ai pas pu y participer hélas.
Est-ce que votre entourage comprend et soutient votre engagement ?
Ma famille n'a jamais fait aucune remarque négative sur mon activité militaire. Et de la part de mes amis il n'y a aucune incompréhension non plus. Je pense que c'est plutôt bien perçu.Votre famille est fière de vous ?
Je ne sais pas. Je leur raconte ce que je fais, ça les intéresse beaucoup car ils ne connaissent pas ce métier.
Marie le maréchal des logis. - © Géraldine Le Guyader/Kel Epok Epik
Est-ce difficile de concilier votre activité civile et votre activité de réserviste ?
Ça se fait facilement. Comme on connaît le planning à l'avance, c'est comme prévoir un week-end à la campagne. On sait qu'on ne prévoit rien pour tel ou tel week-end parce qu'il y a des journées d'instruction ou une mission qui a été mise en place.Quand vous vous imaginez dans quelques années, ayant fondé une famille, pensez-vous que vous serez toujours réserviste ?
Je pense que oui.Avec un peu d'organisation, c'est gérable !
Quand on a une famille, on consacre peut-être moins de 30 jours par an à l'activité de réserviste. Mais on peut toujours trouver du temps pour cela.
Il y a beaucoup de jeunes chez les réservistes, mais il y a aussi des gens de 30-35 ans qui ont une famille. Beaucoup de sous officiers sont mariés et ont des enfants. Je sais donc que c'est possible.
Que vous apporte votre engagement en tant que réserviste?
Il règne une ambiance spécifique au sein de l'armée : un esprit de cohésion, de groupe qu'on ne trouve nulle part ailleurs.C'est un enrichissement à la fois personnel et professionnel. Je découvre dans l'armée des choses qui me servent ensuite dans la vie civile et je me sers parfois de mes connaissances professionnelles quand je suis dans l'armée. C'est un peu complémentaire.
Quand j'ai suivi une formation pour être sous-officier, on a suivi des cours de pédagogie. Ca a transformé la vision de ce que je faisais dans ma classe en tant que professeur.
J'ai aussi appris des choses très pratiques, comme... lire une carte.
Mais au-delà de ça, j'ai appris à prendre de la distance par rapport aux problèmes du quotidien, à développer un goût de l'effort et à me lancer des défis personnels.
Le fait d'être dans l'armée m'a permis de me forger un caractère plus entreprenant et les activités de formation sur le terrain m'ont rendues plus résistante physiquement et psychologiquement.
Je prends plus sur moi et cela me permet d'autant plus ensuite d'apprécier le confort du quotidien. Cela change le regard que l'on porte sur la vie.
Est-ce un milieu macho ? Comment vivez-vous votre féminité lorsque vous êtes en uniforme ?
Chez les militaires d'actives il y a de plus en plus de femmes et chez les réservistes il y a un grand nombre de femmes également.Par exemple dans ma formation militaire, nous étions 13 : 7 femmes et 6 hommes.
Je ne ressens pas de machisme.
Je garde ma personnalité, mais il n'y a pas vraiment de féminité car il y a des règles strictes: on ne porte ni bijoux, ni maquillage...
Dans l'armée, on dit qu'il n'y a ni homme ni femme, uniquement des soldats. On fait tous la même chose.
Quel moment vous a particulièrement marquée ?
Le week-end d'instruction de février 2008 s'est déroulé sur trois jours. Il faisait très froid.Comme d'habitude, le vendredi était dédié à des activités à la base de Saint-Germain-en-Laye (tir au fusil et au pistolet, ainsi que des exercices de circulation et des révisions sur les procédures radio).
Le reste du week-end se déroulait sur le terrain, à Poigny La Forêt.
Le samedi matin nous avons commencé les exercices de combat qui ont duré une bonne partie de la journée.
A la tombée de la nuit nous avons fait un exercice de surveillance. Vers 23h nous avons pu aller nous coucher sous nos tentes.
Pendant la nuit la température est tombée à -6°C. j'ai dû me lever pour faire un tour de garde et ce fut extrêmement difficile car j'avais eu froid toute la journée, j'avais eu beaucoup de mal à m'endormir à cause de la température et cette heure de garde m'a semblé interminable.
Je garde un souvenir frigorifiant de ce week-end !
Mais de retour chez moi le dimanche soir, fatiguée par ces 3 jours et par le froid, j'ai extrêmement bien dormi et apprécié plus que jamais le confort d'une douche chaude, d'un lit moelleux et d'une nuit sans interruption.
J'ai l'impression que ce genre d'expérience me rend plus forte physiquement mais surtout moralement car encore aujourd'hui quand j'y repense, je me sens assez fière de moi d'avoir supporté et d'avoir tenu pendant 36 heures dans le froid.
Pour en savoir plus sur le métier de réserviste :
www.defense.gouv.fr/reserves
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