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Calista Flockhart alias Ally McBeal : militante et intelligente
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Calista Flockhart alias Ally Mac Beal, revient sur nos écrans dans "Brothers and sisters". Mais qui est vraiment cette actrice charismatique?
Calista Flockhart est Kitty Walker dans Brothers & Sisters - ABC/Justin StephensIl y a quelques mois, nous avons rencontré Calista pour sa nouvelle série à succès, « Brothers and Sisters » (elle joue le personnage de Kitty Walker).
L'occasion d'aborder à nouveau le sujet de sa... forme qui, avouons-le, a été lourd de conséquence à l'époque d'Ally Mac Beal!
Alors, finalement ces histoires d'anorexie... Vrai ou pas vrai?
On s'en moque de mon apparence physique, l'important c'est de savoir comment j'aborde les personnages que j'incarne. De cerner leur complexité, leurs contradictions.
Qu'on me lâche avec ces histoires de supposée anorexie. Dans quel monde vit-on ? Sous prétexte qu'on est mince et en bonne santé, certains "motherf..." (sic) vous polluent l'existence. Moi, j'appelle ça de la discrimination, il n'y a pas d'autre mot.
De toutes façons, à Hollywood, c'est faux-cul et compagnie. Plus vous êtes grosse, moins on vous embête. Lorsque une actrice bien en chair pour ne pas dire obèse se rend à une première par exemple, vous n'entendez jamais le public lui balancer « Mon Dieu qu'elle est grosse ».
En revanche, si vous êtes filiforme, vous vous en prenez plein la tête. Genre : « Ce n'est pas possible d'être aussi maigre. Elle ne doit pas manger à sa faim !». C'est vraiment écoeurant comme attitude.
Vous constaterez d'ailleurs que les hommes sont toujours épargnés. Des types avaient la peau sur les os ou avec un gros c.., il y a en a des tonnes dans le show-biz. Et eux, on leur fiche la paix.
Est-ce qu'on fait des remarques désobligeantes à Mel Gibson parce qu'il prend de la bedaine ? Non! Les gens ne sont pas fous, ils préfèrent s'attaquer aux femmes. C'est plus facile…

Calista Flockhart - © ABC Television
Remontée alors?
Et comment! Lorsqu'on parle d'égalité des sexes, ça me fait doucement marrer. Croyez-moi, il y a encore un long chemin à parcourir ! Bref ! Tout ce battage médiatique fait autour de ma personne m'a déçue et affectée.J'étais en état de choc et terrifiée à l'idée que ces histoires sans fondement nuisent à ma carrière qui venait à peine de démarrer. On aurait voulu m'enterrer vivante, on ne s'y serait pas mieux pris !
Quels sont les ragots les plus insensés que la presse tabloïd ait écrit à votre sujet ?
Que j'ai mis mon chien au régime et que je lui donne exclusivement des pâtés macrobiotiques! Une perle !
Certains psychologues américains, vous ont reproché de ne pas mesurer l'impact que vous pouviez avoir sur les jeunes filles et quelque part de les encourager à ne plus s'alimenter. Que répondez-vous à ces attaques encore aujourd'hui ?
Ecoutez, je ne me suis jamais personnellement considérée une idole, un modèle et encore moins un exemple à suivre. Ce qui ne veux pas dire que je ne suis pas consciente de l'image que je génère. Mais je dois aussi être moi-même. Je n'ai pas à engraisser et à devenir quelqu'un d'autre dans le but d'être un meilleur modèle pour les autres. Je crois que l'obsession de la société à l'égard de mon apparence physique pousse les gens à croire que mon poids est maladif. Au bout du compte, tout ce que je peux dire, c'est qu'ils font une grossière erreur.«h3 class='editorial'>b>Comment expliquez-vous que vous ayez à ce point suscité un tel harcèlement médiatique ?
D'ordinaire, les actrices qui jouent dans les séries américaines sont des Bimbos aux gros seins. Moi, je suis à l'opposée. Alors, ceux qui font les tabloïds en ont déduit que j'étais faible et qu'il serait plus aisé de me clouer au pilori.
«h3 class='editorial'>b>
On a beaucoup dit et écrit que « Ally McBeal » était un TV-show porte-étendard pour les féministes ? Adhérez-vous ?
Vous savez, on a collé tellement d'étiquettes à Ally qu'on commence à s'y perdre. Oui, c'était un show féministe. Mais, il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. Le féminisme d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui des années 70. Avant, il ne concernait que les femmes, maintenant il concerne les hommes et plus précisément ceux qui sont mis à l'index par la société. Je pense notamment aux gays, aux noirs, aux handicapés, etc. Mais pas seulement. Il y a de gars de vingt-cinq, trente ans qui de nos jours prennent toujours leurs femmes ou leurs petites amies pour des mères de substitution toute juste bonne à laver leurs slips et à leur préparer à manger. Si la série a pu les faire évoluer ça serait bien…

Calista Flockhart - © ABC Television
Vous prononciez très souvent le mot « pénis » dans la série ? Ça ne vous choquait pas trop ?
Non ! Je n'ai jamais eu aucun problème avec le mot « pénis ». Ni même avec « sexe », « coït » ou « jouir ». J'ai d'ailleurs fini par jouer dans une pièce intitulée « The Vagina monologues ». Comme ça la boucle était bouclée…
On vous a vu militer, il y a quelques années, pour les femmes africaines et plus précisément pour celles victimes des mutilations féminines génitales. Parlez-nous de cet engagement qui vous tient à cœur…
Il faut tout d'abord pour bien comprendre le problème ; faire le tour des différentes mutilations génitales féminines pratiquées en Afrique. Il existe l'ablation partielle ou totale du clitoris (clitoridectomie), l'ablation totale du clitoris et la section de la labia minora (petites lèvres) qu'on appelle plus communément l'excision, ou, dans sa forme la plus extrême, de tous les organes génitaux externes et la suture des deux côtés de la vulve, laissant seulement une très petite ouverture vaginale (l'infibulation). A l'heure où je vous parle, on estime que 130 millions de jeunes filles et de femmes autour du monde ont subi une mutilation génitale féminine.
Si personne n'agit, au moins 2 millions de jeunes filles, 6 000 par jour, courent le risque d'en souffrir toute leur existence.
"6000 jeunes filles par jour risquent des mutilations sexuelles"
C'est d'autant plus révoltant que celles qui survivent à l'ablation, qui est généralement faite sans anesthésique, peuvent connaître plus tard de graves problèmes de santé. Des infections chroniques, des douleurs pénibles en urinant, pendant la menstruation; des relations sexuelles très proches de la torture et des accouchements provoquant bien souvent des traumatismes psychologiques tant ils sont douloureux, sans parler des fistules obstétricales, horriblement douloureuses.J'ai rencontré sur place des jeunes filles qui m'ont parlé de ce qu'elles enduraient depuis qu'elles avaient refusé d'être l'objet de cette pratique stupide . Des jeunes filles parfois battues par leurs pères parce qu'elles refusaient de se faire charcuter comme leurs mères et leurs grand-mères.
Sur une note plus légère, il paraît que les avocates – les vraies – trouvaient les mini-jupes de Ally trop courtes et limite-vulgaires ?
Plusieurs cabinets d'avocats se sont aussi plaints des caricatures que nous faisions des plaidoiries.Il faut redescendre sur terre, c'était un show! Du fun, de l'entertainement. On n'analysait pas. On ne se prenait pas la tête. On n'intellectualisait surtout pas.
Pour ce qui est des mini-jupes, je vous rappelle que 40 % des téléspectateurs qui suivaient les aventures d'Ally étaient des hommes et eux ils n'avaient pas l'air de se plaindre du niveau de l'ourlet!

Calista Flockhart dans "Brothers & Sisters" - © ABC
Vous avez vécu essentiellement sur la côte Est des Etats-Unis; quelle a été votre première impression en débarquant à Los Angeles ?
Quitter ma famille, mes amis a été un challenge considérable. Je savais en signant pour « Ally McBeal » que j'allais rentrer dans une spirale infernale. Lorsque je suis arrivée à Los Angeles, j'étais très jeune, innocente et naïve. J'ignorais tout d'Hollywood et de la manière dont fonctionne cette ville, ce système. C'était d'autant plus dur que je n'avais pas d'amis.A L.A, il ne faut pas se leurrer, vous baignez dans un concentré de superficialité. Si vous n'y prenez pas garde, vous vous retrouvez avec une bande de rapaces sur votre pallier. Avocats, agents, publicistes, gourous, ils sont tous prêts à travailler pour vous, à devenir vos « good friends » s'ils sentent que vous disposez d'un potentiel qui peut leur rapporter quelque chose ! J'ai eu la chance de ne pas tomber dans leur piège…
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