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De beaux jardins au service de l'insertion, extrait du livre "Dans un pays de Cocagne, entretien avec Jean-Guy Henckel"
Dans un pays de Cocagne - Christophe GoussardExtraits du livre : Dans un pays de Cocagne, entretien de et avec Jean-Guy Henckel", paru aux éditions Rue de l'échiquier, 14 euros, www.ruedelechiquier.net
Comment décririez-vous votre projet ? Entre le levier de l'agriculture biologique et le levier de l'insertion, les priorités sont-elles les mêmes d'un Jardin à l'autre ?
" Notre projet, depuis le début, associe une démarche économique, démarche environnementale et une démarche sociale. D'un jardin à l'autre, on recherche un équilibre. Si je pousse le curseur social à fond, je déglingue tout au niveau technique et économique. Pour être clair, si je prends 25 personnes extrêmement désocialisées, à la rue, je ne pourrai pas produire. À chaque fois qu'on envisage un investissement ou l'accueil d'une nouvelle personne, il faut faire rapidement cette gymnastique et se demander : qu'est ce que ça va rapporter du point de vue économique, du point de vue environnemental et du point de vue social ? On est un peu comme un ingénieur du son avec ses boutons : quand on a bien placé les curseurs, la musique Cocagne qui sort des enceintes sonne juste ; quand on les a mal placés, il y a trop de basses ou trop d'aigus. Tout est une question d'équilibre.En 15 ans, on a beaucoup appris : d'un point de vue technique, nous savons combien de personnes doivent travailler sur un hectare de maraîchage bio et le chiffre d'affaires sur lequel on peut tabler… À partir du moment où on sait que l'on peut faire 50 ou 60 000 euros de chiffre d'affaires, si le jardin est à 20 000, c'est qu'il y a un problème : a-t-il assez de matériel, la terre est-elle de mauvaise qualité ? S'il n'y a pas d'explication de ce genre, c'est qu'il y a une marge de progression importante à obtenir.
D'un point de vue économique, nous sommes dans le champ d'une économie plurielle, avec plusieurs sources de revenus : il y a les aides au poste, les subventions, le chiffre d'affaires ; il y a aussi la force bénévole qu'on essaie de comptabiliser — trois personnes qui travaillent quasiment à plein temps et qui ne sont pas payées, c'est de la valeur créée.
On essaie de comptabiliser tout ça, de voir où sont les sources de déséquilibres et les marges de progression. On essaie aussi d'avoir une vision environnementale plus complète. Dans un premier temps, nous nous occupions essentiellement d'agriculture biologique, point. Aujourd'hui, on parle de refuges pour les oiseaux, de jardins pédagogiques… Au début, on ne s'embêtait pas trop : quelques serres, un petit mobil-home et c'était parti. Désormais, on fait plus attention au paysage, à la gestion de l'eau, à la sensibilisation des acteurs qui gravitent autour des jardins, aux éco-gestes, comme la gestion des composts, on essaie de planter des haies, d'avoir des bâtiments qui correspondent aux normes de haute qualité environnementale… [lirelasuite»>]
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