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| Actualité : Mes Amours | Disputez-vous, mais bien !
Mieux vaut une bonne engueulade dans les règles de l’art qu’un conflit qui envenime notre couple en sourdine. Sortez-les griffes, mais sans faire de mal !
Disputez-vous, mais bien ! Les vertus de la dispute - Diego Cervo/Fotolia.comLes vertus thérapeutiques de la dispute
Ne dit-on pas de certains divorcés : "Ils avaient pourtant l'air de bien s'entendre, jamais un mot plus haut que l'autre…" ? Le problème, ce n'est pas de hausser le ton de temps à autre, mais de le faire avec intelligence.Disons que la dispute, c'est comme le temps en Bretagne : ça vous vivifie quand ça ne dure pas. Certains y voient même un remède contre la banalisation, l'embourgeoisement, la certitude.
"Les couples meurent plus de certitude que d'incertitude", affirme d'ailleurs le thérapeute de couple Robert Neuburger, auteur de On continue… on arrête… ? (Payot).
Donc : vive une bonne engueulade de temps en temps. C'est l'occasion d'éclaircir les malentendus dans le couple, en mettant sur le tapis tous ces non-dits toxiques qu'on accumule avec le temps.
Pour transformer nos vilains coups bas en disputes constructives, on évite de :
- Frapper en dessous de la ceintureFinies, les petites sorties toxiques qui enveniment le couple, du genre : "Qu'est-ce que tu es de mauvaise foi !". "Ces phrases tuent dans l'œuf toute tentative de communication, explique Patricia Delahaie, auteure de Ces amours qui font mal (éd. Marabout). Il ne faut jamais critiquer l'autre dans sa personne. Mieux vaut pointer un acte isolé : 'Franchement, tu aurais pu me donner un coup de main quand tes parents sont venus dîner…' Le tout c'est de se disputer sur des choses pas très graves, qui ne laissent pas de traces !"
- Vouloir avoir le dernier mot
"Les couplent qui marchent ne considèrent pas une altercation comme une lutte sans merci, où il y aurait un vainqueur et un vaincu", rappelle la thérapeute Susan Forward dans Quand le prince n'est plus charmant (éd. Dunod). Pour avoir conscience de qui on est, on a parfois besoin de nous opposer à l'autre. C'est là que la phrase "L'autre nous révèle à nous-mêmes" prend tout son sens…
- Lever les yeux au ciel et soupirer
Cela soulage dans l'instant, mais ça ne fait tout simplement pas avancer le schmilblick. Seuls les poids plume se laissent aller à ce genre de tactique !

Disputez-vous, mais bien ! Dispute constructive - © FOTOCROMO/Fotolia.com
Pour ne pas laisser couver le ressentiment, on crève l'abcès au plus vite. Ce n'est pas la dispute en soi qui menace le couple, mais un conflit sans fin. Il faut savoir régler ses comptes vite et bien. Comment ? "En tendant la main à l'autre, mais aussi en décelant ses tentatives de réconciliation. Il est très important de rester bienveillant et de se rappeler qu'on aime l'autre même au cœur de la dispute !, souligne Patricia Delahaie. Car la réconciliation ne pourra jamais marcher quand, au fond, on pense du mal de l'autre…"
- Ecraser l'autre
On arrête de vouloir écraser le point de vue de l'autre, en pensant posséder toute la vérité. Plutôt, on se sert de l'altercation pour aller de l'avant. "Si on prend la dispute comme occasion pour éclaircir des malentendus et améliorer la connaissance de l'autre, alors vive la dispute ! Mais l'idéal, c'est de parler à l'autre de ce qu'on a sur le cœur sur un ton doux", souligne Patricia Delahaie.
De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas
Qu'est-ce qui pousse certains couples à transformer la moindre anicroche en guerre des gangs ? C'est la lutte de pouvoir, selon le thérapeute de couple Robert Neuburger : "L'amour vache procède avant tout d'un rapport de force. La question centrale de la relation, c'est ‘Qui va dominer l'autre ?'"Comme si aimer était une forme de faiblesse qu'on voulait cacher.Dans son livre "Un homme + une femme = quoi ?", la psychanalyste Elsa Cayat le confirme : "Désirer séduire quelqu'un montre qu'on a été touché par l'autre, qu'un manque a été épinglé inconsciemment par lui." D'où l'agressivité. "Pour se venger, on cherche à toucher l'autre à son tour pour chercher sa faille et tenter de le tenir. Le but de cette haine inconsciente est de faire tomber l'autre de son piédestal pour le saisir lui aussi dans son manque. Car la séduction consiste d'abord en un jeu où se marquent les coups", poursuit la psychanalyste.
De la séduction dans la haine ? Parfaitement ! Si Mr et Mrs Atomic se la jouent tous les soirs plein feux sur "Tu es immonde, je te quitte !", c'est aussi pour mieux se séduire. Et pour se donner en spectacle. Car selon le Dr Neuburger, les adeptes de l'amour vache sont souvent très narcissiques : ils ont besoin d'un public qui n'en perd pas une miette, bien malgré lui. Au niveau du couple, c'est passionnant. Pour les enfants, c'est un cauchemar…
Mais derrière la guerre des Roses se cache aussi le besoin de faire un avec l'autre. On projette sur lui l'idéal d'un amour fusionnel qui nous rappelle celui de notre mère, quand nous étions pendus à son sein. C'est pour cela qu'on va surréagir à chaque fois que l'attitude de l'autre égratigne ce rêve. Derrière toute haine, il y a donc bel et bien une demande d'amour et de protection. Et souvent aussi une peur de l'amour. Autrement dit : la haine part d'une quête d'amour absolu, rêvé puis déçu.

Disputez-vous, mais bien ! Sortir du ring - © Benicce/Fotolia.com
Sortir du ring pour s'aimer tendrement, c'est possible ?
"Le problème, c'est que quand on passe à une relation plus harmonieuse, on change les données de départ du couple. Et souvent, celui-ci n'y survit pas", met en garde le Dr Neuburger.Moins pessimiste, le Dr Elsa Cayat, croit, elle, au changement. A condition, cependant, d'arrêter de prêter à l'autre un rôle surdimensionné qui répond à nos désirs et nos peurs. Titiller constamment l'être aimé, c'est réduire la possibilité d'un vrai amour, celui où l'on rencontre véritablement l'autre. Et pour cela, il va falloir arrêter de compter les points et avouer sans honte notre besoin d'amour. C'est ça d'être un poids lourd, en amour !
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