Enquête sur les écoles alternatives

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Rédaction teva.frPar Rédaction teva.fr  le Jeudi 4 Juin 2009 à 10h47

Mal connues et marginalisées, les pédagogies « différentes » ont le vent en poupe alors que les établissements traditionnels peinent à se réformer. Le point sur ces écoles hors du commun.

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À l'heure de l'assouplissement de la carte scolaire et avant sa suppression progressive, il est difficile d'évaluer le nombre d'enfants scolarisés dans les écoles dites « différentes ». À la rentrée 2003, ils étaient estimés à environ 29 500, uniquement pour le secondaire.
En tout, 700 établissements en France font l'école buissonnière et se réclament de l'« éducation nouvelle ». En clair, elles adhèrent à une philosophie commune : placer l'enfant au centre du système, en opposition à l'enseignement traditionnel dans lequel c'est lui qui doit s'adapter.

Pour qui, pourquoi ?

Certains parents estiment que l'école publique est trop contraignante, la hiérarchie trop présente et l'esprit de compétitivité trop aiguisé. Aussi, par
conviction, choisissent-ils dès les premières années une autre forme d'éducation.
Pour d'autres, cette alternative s'impose plus tard. Souvent, leurs bambins peinent à s'adapter au cadre du système classique, l'école se plaint, ils sont convoqués régulièrement par la maîtresse ou la direction... Ces parents stressés par le fantôme de l'échec scolaire (même si le petit n'a que 4 ans !) et las de jouer à cache-cache avec l'instituteur chaque soir à la sortie de l'école, se dirigent vers une école parallèle.

En la matière, le meilleur côtoie le pire. Pour éviter les mauvaises surprises, il est conseillé de consulter les organismes français chargés, par le ministère de l'Éducation nationale, de l'information et de la prévention des dérives sectaires auprès du public.

Du côté du meilleur, les projets pédagogiques sont très diversifiés. Comment éviter les écueils et choisir la méthode qui permettra à l'élève de s'épanouir ? Privilégier plutôt l'absence de compétitivité, d'autorité, un encadrement souple et attentif ou une totale liberté ?
Les pédagogies les plus célèbres, celles de Maria Montessori, Célestin Freinet et Rudolf Steiner déclinent chacune à leur manières ces grands principes.
Cependant, il faudra délier les cordons de la bourse ! En effet, la plupart de ces établissements sont « privés hors contrat », autrement dit, les frais de scolarité sont financés intégralement par les parents.

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L'AVIS DE L'EXPERT

Docteur Stéphane Clerget, pédopsychiatre et auteur de plusieurs livres dont « Parents, osez vous faire obéir », co-écrit avec la journaliste Costa-Prades, aux éditions Albin Michel.


teva.fr : Que pensez vous du principe qui consiste à mettre l'enfant au centre du système ?
Dr Clerget : L'idée convient à certains enfants qui ont besoin d'une approche un peu particulière, mais une majorité reste très à l'aise dans le système classique. Ces écoles fonctionnent d'autant mieux qu'elles ont les moyens de proposer des classes à petit effectif.

teva.fr : Vous arrive-t-il d'être consulté par des parents dans le choix d'une école alternative ?
Dr Clerget : Oui, régulièrement quand les enfants rencontrent des difficultés. Notre rôle consiste à découvrir pourquoi ils s'intègrent mal en vérifiant qu'ils n'aient pas de difficultés physiques et psychologiques. Certains obstacles peuvent finalement être surmontés par des consultations, d'autres sont circonstanciels. Quelquefois, on a tendance à mettre sur le dos du système scolaire les difficultés qu'un enfant rencontre avec une équipe pédagogique. Avant d'envisager cette voie, on peut changer d'enseignant ou d'école.

teva.fr : Quels sont les avantages des écoles alternatives ?
Dr Clerget : Pour les enfants confrontés à une inadaptation au système scolaire traditionnel, ce sont des lieux d'accueil tolérants. Un véritable travail d'intégration est mis en place avec le corps enseignant (sélectionné pour accepter les enfants « différents ») et auprès des autres élèves. Ces pédagogies sont intéressantes aux extrémités.
Les maternelles sont de plus en plus rigides, surtout en ville. Le niveau d'enseignement y est aujourd'hui élevé : en moyenne section, les petits apprennent déjà à lire et écrire, ce sont déjà de petits écoliers, et l'enseignement par le jeu est de plus en plus réduit.
C'est parfait pour les plus matures, mais cela pose problème pour ceux qui se développent « normalement » et qui souhaitent prendre leur temps.
Le danger ? Les dégoûter de l'école !
À l'autre bout de la scolarité, après la troisième, on peut conseiller les écoles alternatives à des enfants au parcours chaotique qui désirent poursuivre en enseignement général.

L'ABC

L'école déchaîne les passions. Le désir de réforme de l'éducation est né quasiment en même temps que l'école obligatoire. Dès la fin du XIXe siècle, pédagogues, philosophes, médecins et psychologues travaillent sur le projet d'un autre système d'instruction éducative. C'est la naissance du courant de l'« éducation nouvelle ». Elle prône une prise en compte de l'enfant dans sa globalité avec une instruction active.
Dans les années 70, les écoles différentes, parallèles ou ouvertes se multiplient. Certaines obtiennent même un statut dans l'Éducation nationale.
Initialement jugées éphémères, les nouvelles pédagogies font toujours partie du paysage scolaire français, européen et mondial.

Cours particulier sur les plus célèbres d'entre elles...

Célestin Freinet(1896-1966): Le mouvement de l'école moderne

Élève de l'École normale de Nice, il étudie tous les mouvements pédagogiques qui agitent l'Europe des années 20. En 1928, l'instituteur aux idées révolutionnaires entre en conflit avec le maire Saint-Paul-de-Vence et l'Éducation nationale.
Il quitte le public pour ouvrir une école privée à Vence, en 1935. En 1968, les grands principes de la méthode Freinet sont établis par la
Charte de l'école moderne.

Son credo : ne pas soumettre l'enfant à une instruction passive, mais lui apprendre à apprendre. Les connaissances sont étayées par un travail individuel ou en groupe, il avance à son rythme avec des va-et-vient multiples entre la théorie et la pratique.

En pratique : la coopération remplace la compétition, les découpages par discipline dans l'emploi du temps sont remplacés par des séquences de travail, les élèves circulent librement dans la classe. Cependant, l'organisation est très structurée. Les enseignants veillent au respect des règles de vie, fondées sur le mode démocratique et coopératif. Au fil du temps, il semblerait que cette méthode ait conquis le corps enseignant dans son ensemble, car il s'en inspire largement.

Maria Montessori (1870-1952) : L'harmonie entre l'ambiance, le matériel et l'éducateur

Première femme docteur en médecine en 1897, licenciée en philosophie et sciences naturelles, elle travaille d'abord avec les enfants mentalement handicapés avant de se tourner vers la pédagogie. Sa première école est ouverte dans un quartier populaire de Rome en 1907.

Son credo : soigner l'environnement de l'enfant, pour lui proposer un espace dans lequel il est libre de choisir ses activités (dont la rêverie !) en fonction de ses aspirations. Observateur discret, l'éducateur intervient sur sa demande.

En pratique : les enfants évoluent par petits groupes multi-âges : les 3/6 ans, 6/9 ans et les 9/11 ans. Il règne une ambiance calme et studieuse grâce à une disposition astucieuse du matériel pédagogique. Le rythme de l'enfant et les périodes sensibles définies par Maria Montessori sont respectés par l'adulte et le groupe.
Une liberté relative, car elle induit des notions d'autonomie, de responsabilité et d'autodiscipline dictées par les limites imposées par la classe. Généralement, les programmes officiels de l'Éducation nationale sont respectés, mais adaptés au rythme de l'enfant.

Rudolf Steiner (1861-1925) : Une confiance totale dans les capacités de l'enfant

Après des études scientifiques brillantes et une thèse de doctorat en philosophie, il s'oriente vers la pédagogie. En 1919, il ouvre la première école Waldorf à Stuttgart. Elle fermera pendant le régime nazi, le mouvement prendra un essor européen et mondial après la guerre.

Son credo : « Il ne s'agit pas de recevoir de l'école une formation achevée mais de s'y préparer à la recevoir de la vie. »*

En pratique : Ouvertes de la maternelle au lycée, les écoles Waldorf possèdent des classes de 25 à 35 élèves. Sans sélection ni redoublement,
les notes sont remplacées par un rapport annuel jusqu'au collège.
La composition des classes est la même de la maternelle au bac.
L'apprentissage de deux langues vivantes a lieu dès le préparatoire, l'écriture et la lecture sont introduites par le dessin, les mathématiques par des exercices rythmiques.
Au programme également : beaucoup d'activités artistiques et manuelles, des stages en entreprise et un soutien personnalisé. Largement implantée en Allemagne, où ces écoles sont majoritairement sous contrat avec l'État, elle restent chères en France (hors contrat oblige), même si les frais de scolarité sont calculés en fonction des revenus des parents.


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Tranches de vie

Que pensent les enfants de leur scolarité parallèle ? Et les parents ? En une mosaïque (non exhaustive !) de leurs souvenirs, opinions et ressentis, ils livrent un regard a posteriori sur leur expérience.

Flo, 20 ans, journaliste web et assistante de direction, élève à l'école Decroly (école publique alternative) en 6e et 5e.

teva.fr : Quels sont tes meilleurs souvenirs d'école ?
Flo : Ils concernent mes relations avec les profs. On les tutoyait, ils étaient très attentifs à nos états d'âme et à ce que l'on vivait en dehors de l'école. Nous parlions beaucoup. Je me souviens d'une copine qui a pu régler des soucis parentaux avec l'aide d'une prof ! Nous étions consultés et responsabilisés pour beaucoup de choses. J'ai souvenir d'avoir aidé à la préparation du repas, d'avoir installé les matelas pour la sieste des petits. Nous y mettions beaucoup de coeur. Coté instruction, les cours étaient très intéressants, avec beaucoup de sorties et de voyages scolaires.

teva.fr : Et le retour dans un établissement classique ?
Flo : Bien, mais j'étais tétanisée à l'idée de devoir m'adresser aux profs.

Françoise, la maman de Flo, gérante de société.

teva.fr : Pourquoi avoir choisi une école alternative ?
Françoise : Nous avions trois possibilités, entre le lycée-usine traditionnel sur lequel j'avais des réserves, l'école privée très militaire et Decroly, dans laquelle Flo avait déjà ses deux demi-soeurs. Avec du recul, je pense qu'elle aurait été beaucoup mieux dans un établissement très encadré, mais, à l'époque, cela ne collait pas avec mes idées sur l'enseignement. J'ai choisi Decroly, même si sa maîtresse de CM2, avec qui Flo avait passé une très bonne année, était plutôt opposée à sa scolarisation dans ce type d'établissement.

teva.fr : Le bilan de ces deux ans ?
Françoise : Mitigé, car c'est un enseignement très particulier. Flo a cessé de travailler sur le champ. Au début, elle a été extrêmement indisciplinée, elle ne respectait pas les profs, montait sur les tables, etc. C'était vraiment n'importe quoi, alors qu'elle ne s'était jamais comportée ainsi.
Comment l'expliquer ? Sans discipline ni hiérarchie, elle a perdu ses repères. Peut-être se sentait-elle trop responsabilisée par rapport à ses choix ? Ensuite, il y a eu un décalage scolaire. Quand on sort de l'enseignement normal, le niveau de culture générale est moindre.
Elle n'a jamais réussi à se mettre dans ce moule-là ! Malgré les apparences, on demande beaucoup de sérieux aux jeunes. Je pense qu'il est préférable d'y débuter et finir sa scolarité.
Mais malgré cette expérience, je garde une opinion extrêmement positive de cette école. Il y a un vrai travail fait autour de l'enfant et de son identité.

Axelle, 24 ans, demi-soeur de Flo, guide-interprète et étudiante en master d'histoire, elle a effectué toute sa scolarité à Decroly, de la maternelle à la troisième.

teva.fr : Quels souvenirs gardez-vous des années Decroly ?
Axelle : Excellents ! J'ai eu la chance d'avoir des enseignants qui avaient beaucoup d'expérience. Être prof là-bas est un sacerdoce : comme la discipline est inexistante, le cadre mis en place doit inévitablement passer par la personnalité du formateur.

teva.fr : Et après la troisième ?
Axelle : J'ai réintégré un lycée de quartier orienté vers l'art et la littérature. Pas de problèmes particuliers. Un seul bémol : je tutoyais les profs.

teva.fr : Quelques mots sur la méthode pédagogique?
Axelle : J'y ai passé treize ans, avec ma petite soeur, et nous incarnons de véritables prototypes. Nous avons été formées dans un esprit de liberté, sans jamais avoir besoin de pousser les limites. Sans discipline, ni hiérarchie ni notes, le point d'orgue est la volonté de l'enfant d'avancer par lui-même.
Il y avait beaucoup de travail personnel, en groupe, et des ateliers artistiques. L'emploi du temps était très précis. Nous étions très encadrés individuellement. C'est la méthode globale : l'enfant est pris dans son intégrité, en tenant compte de toutes les phases qu'il traverse. La frontière entre son développement et son instruction est abattue.
Par exemple, je savais lire quand je suis entrée en CP, mais j'ai eu besoin, pendant trois mois, de jouer uniquement avec de l'eau et du sable, car je ne me sentais pas en phase avec les autres. On m'a laissé faire. D'autres apprenaient à lire seulement en CE1, ils bénéficiaient de plus d'attention à ce moment-là. J'ai adoré aller à l'école.

teva.fr : Que vous a apporté ce type d'éducation ?
Axelle : Autonomie et confiance en moi. Le plus révélateur est l'absence de peur de parler en publique. Contrairement à beaucoup de collègues, je suis très à l'aise devant des inconnus. Mes enfants iront à Decroly, si elle existe encore. Car il faut savoir qu'ils ont d'énormes problèmes de subventions. Les parents cotisent, et s'engagent au moins autant que les profs.


Illustrations par Igor VADIM

ce qu'elles en pensent

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